Le plan d’Anne Hidalgo pour mettre à l’abri les SDF de Paris cet hiver

La maire socialiste de la capitale a annoncé au JDD l’ouverture de nouvelles places d’accueil. Au moins cinquante d’entre elles seront dédiées aux femmes et aménagées dans les locaux de l’Hôtel de ville.

«Si la prise en charge des personnes sans-abri est compétence de l’État, il m’a toujours paru essentiel que Paris l’aide à trouver des solutions.» Dans un entretien au Journal du dimanche , Anne Hidalgo a annoncé la création de 1500 places d’hébergement d’urgence des sans-abri avant la fin de l’année.

Lors de la «nuit de la solidarité» organisée en février dernier, les bénévoles avaient recensé 3035 personnes vivant dans la rue et sans aucune solution d’accueil. Pour pallier ce manque de places d’hébergement d’urgence, l’Hôtel de ville de Paris a décidé de «montrer l’exemple, montrer qu’il est possible d’héberger des sans-abri partout, y compris dans un palais de la République.»

Anne Hidalgo confirme ainsi les informations de presse des derniers jours: «J’ai tenu à créer une halte dédiée aux femmes dans l’hôtel de ville de Paris.» Le salon des Prévôts et celui des Tapisseries, au rez-de-chaussée, «seront transformés en accueil de jour – repas et soins – ainsi qu’en halte de nuit – lits, dortoirs, blocs sanitaires», d’ici fin novembre. Les 750 m2 de salons pourront accueillir, de façon pérenne, environ cinquante femmes voire «une centaine en période de grand froid».

Comme «neuf femmes sur dix déclarent avoir été victimes de violences», Anne Hidalgo souhaite que ce refuge soit un lieu «chaleureux» dans lequel «on puisse s’occuper avec délicatesse et attention de ces femmes qui vivent dans une situation de détresse inouïe». Ces femmes dans le besoin seront soignées et prises en charge par d’autres femmes «car certaines sont traumatisées et fuient toute présence masculine», souligne la maire.

Un autre projet dédié aux femmes est aussi sur le point d’aboutir d’ici à la fin de l’année dans le XIIe arrondissement: «un bain-douche doté d’un espace d’accueil et de bien-être qui leur garantira l’accès à l’hygiène, à la santé, et les aidera à retrouver confiance et estime de soit».

«La moitié du chemin»

Afin d’abriter au plus vite les 3035 SDF de la capitale, la maire s’est engagée à ce que «la Ville fasse la moitié du chemin. Plus de 800 places ont déjà été créées dans nos bâtiments depuis février, 700 seront ouvertes d’ici à début 2019».

Les mairies d’arrondissement (IVe et Ve notamment) vont suivre l’exemple de la mairie centrale et «ont accepté d’ouvrir des places d’hébergement». Des lieux municipaux seront mis à disposition pour «créer à partir de fin novembre un réseau de huit nouvelles haltes de nuit, d’une capacité totale de 300 places». Même les anciens tribunaux d’instance (Xe et XIVe), désormais délocalisés dans le nouveau palais de justice des Batignolles, ouvriront leurs portes aux personnes dans le besoin. Des sites destinés à accueillir des programmes immobiliers seront donc exploités dans l’attente des travaux. Et comme la maire estime que «nous devons tous nous retrousser les manches», elle invite également «les entreprises qui ont des locaux inoccupés à les mettre à disposition».

Un nouveau dispositif doit également être expérimenté cet hiver «auprès des SDF sédentarisés dans un quartier et qui refusent de le quitter». Il s’agira d’abris de nuit mobiles. «L’idée est de transformer d’anciens kiosques ou d’installer de petits abris dans les retraits des rues. Ils seront gérés par les associations et implantés pour une durée limitée», explique-t-elle.

 

L’État chargé de trouver 1500 autres places d’hébergement

«L’État nous accompagne», assure Anne Hidalgo. «Les discussions se font surtout pour les emplacements des centres (…) Le XVIIIe arrondissement a déjà beaucoup donné. Je ne souhaite pas qu’il soit davantage sollicité», souligne-t-elle.

La maire de Paris demande que l’ancien hôpital du Val-de-Grâce, qui appartient à l’État, soit ouvert aux sans-abri en attendant sa réhabilitation. «Comme nous l’avons fait avec l’ancienne caserne Exelmans dans le XVIe arrondissement.»

Une deuxième «nuit de la solidarité» doit avoir lieu en février 2019 pour faire un point sur la situation. Une formation sera organisée en décembre pour les Parisiens qui souhaitent participer. «L’idée est que ce parcours de formation aboutisse à une validation d’acquis professionnels, que cet engagement citoyen soit valorisable dans la recherche d’un emploi.»

 

 

Source : lefigaro.fr

 

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