Les plages du Var souillées par des boulettes de pétrole

VIDÉO – Selon le préfet du Var, Jean-Luc Videlaine, c’est la collision entre les deux navires au large du Cap Corse début octobre, qui est responsable de la pollution du littoral et de la célèbre plage de Ramatuelle.

Le maire de la ville de Ramatuelle dans le Var a annoncé avoir déposé plainte après que la célèbre plage de Pampelonne, dans le Golfe de Saint-Tropez, a été polluée par des boulettes d’hydrocarbure. Celles-ci ont été déversées dans la mer après la collision de deux navires au large de la Corse le 7 octobre dernier.

 

 

«J’ai déposé plainte ce matin auprès de la gendarmerie pour pollution et dégradation du littoral de la presqu’île de Saint-Tropez et en particulier Ramatuelle, la plage de Pampelonne», a déclaré Roland Bruno, maire de Ramatuelle, lors d’une rencontre avec la presse pour le début des opérations de nettoyage qui devraient durer une quinzaine de jours. «Nous avons fait des constats d’huissier et nous tenons une comptabilité précise des dépenses engagées, l’objectif étant que ce soit in fine facturé par celui qui sera reconnu coupable de cette pollution», a précisé Jean-Luc Videlaine, préfet du Var. Il a toutefois tenu à relativiser la gravité de cette situation ajoutant: «par rapport (aux marées noires qui ont touché les) littoraux de la Manche ou l’Atlantique, on n’est pas dans la même catégorie», sans pour autant minimiser le «traumatisme».

Jean-Luc Videlaine s’est dit convaincu que la pollution provenait de la collision du roulier tunisien l’Ulysse et du porte-conteneur chypriote CLS Virginia, qui s’est produite au nord-ouest du Cap Corse, plus tôt en septembre. Le choc avait provoqué une brèche dans la coque du second navire entraînant la fuite de 600 tonnes de fuel à propulsion. «C’est l’analyse qui donnera la signature du produit», a-t-il conclu. «Il faut que l’enquête nous démontre que tout a été fait du côté de la Corse», a, de son côté, déclaré le président du conseil départemental du Var, Marc Giraud. Le département, dont 7 communes et 17 plages sont touchées, s’est associé à la plainte de Ramatuelle.

Une dépollution en cours

D’importants moyens ont été mis en place pour empêcher une pollution massive. En mer, un barrage flottant avait été installé pour concentrer le fuel ainsi qu’un écrémeur pour le récupérer. Une opération qui a permis d’éliminer une grande partie du volume de carburant même si 2% subsistait encore en mer dimanche dernier.

Sur la côte, une centaine de personnes ont été mobilisées pour nettoyer les plages, souillées par des plaques noires dont la forme et la taille évoquent des bouses de vache. À Pampelonne, où en haute saison, le sable disparaît sous une nuée de vacanciers, une barrière barrait jeudi matin l’accès à la mer. Des enquêtrices de la gendarmerie, spécialisées en investigation criminelle, en masque, bottes et combinaison, prélevaient des échantillons dans des bocaux. Et des agents du département, de la protection civile, pompiers et bénévoles des comités communaux pour les feux de forêts, étaient à pied d’oeuvre sur la plage de Pampelonne, équipées de fourches et pelles. Une quarantaine d’autres étaient en place dans les villes de Sainte-Maxime et Saint-Tropez.

Le préfet a déclaré qu’il prévoyait «au moins une quinzaine de jours» pour faire le plus gros du nettoyage. Craignant un nouvel épisode de pollution, il a confirmé l’arrivée «inquiétante» de boulettes sur trois plages au nord de Porquerolles. En ce début d’automne ensoleillé en France où la région continue d’attirer des touristes, l’enjeu est plus écologique qu’économique. «Bien sûr, il y a des enjeux économiques, mais si c’était le 14 juillet ce serait bien pire», a noté Jean-Luc Videlaine. «L’idée que la réputation planétaire de Saint-Tropez soit entamée par cet épisode, je n’y crois pas», a-t-il estimé.

 

Source : lefigaro.fr

 

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