Pédophilie : un prêtre et un évêque devant la justice à Orléans

VIDÉO – L’abbé Pierre de Castelet et l’ancien évêque d’Orléans, Mgr André Fort, comparaissent mardi devant le tribunal correctionnel. Le premier est accusé d’actes de pédophilie sur mineurs, l’autre de non-dénonciation.

Ce procès intervient à quelques jours de la Conférence des évêques de France (CEF) à Lourdes où sera justement abordée la douloureuse question des abus sexuels dans l’Église. L’abbé Pierre de Castelet, accusé d’actes de pédophilie sur mineurs, et l’ancien évêque d’Orléans, Mgr André Fort, poursuivi pour non-dénonciation, comparaissent ensemble ce mardi devant le tribunal correctionnel. Le renvoi d’un évêque devant la justice est exceptionnel. Lors d’un précédent procès en 2001, l’évêque de Bayeux, Mgr Pierre Pican, avait été condamné à 3 mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d’actes pédophiles.

Il est reproché à l’abbé Pierre de Castelet, 69 ans, des attouchements sur des mineurs de 15 ans lors d’un camp organisé pendant l’été 1993. Quinze ans plus tard, l’un des participants, Olivier Savignac, adressait une lettre à l’évêché, affirmant avoir été victime d’attouchements. Mgr André Fort, en charge du diocèse d’Orléans de 2002 à 2010, n’avait pas transmis la lettre à la justice et s’était contenté d’éloigner le prêtre de tout contact avec les jeunes. Ce n’est qu’après l’arrivée du nouvel évêque, Jacques Blaquart, que la justice sera saisie. Le père de Castelet a été mis en examen en 2012 pour agressions sexuelles et Mgr Fort en 2017 pour ne pas avoir dénoncé ces actes.

«Tourner la page»

Vingt-cinq ans après les faits, «on a dépassé ça, mais on veut que ces deux personnes acceptent leurs responsabilités», explique Olivier Savignac à l’AFP. Dans un entretien à l’hebdomadaire La Vie , il dit toutefois avoir «attendu ce procès très longtemps». «Avec les autres parties civiles, nous ne demandons ni la prison ni des sommes exorbitantes (…) Nous souhaitons la légitimité et la reconnaissance du statut de victime pour pouvoir tourner la page», explique-t-il. Trois victimes présumées se sont constituées parties civiles.

Pour Me Edmond-Claude Frety, leur défenseur, cette affaire a d’abord dû traverser «un long tunnel judiciaire». Mgr Jacques Blaquart, relève Me Frety, a mis un terme, en saisissant la justice, à «une gestion interne» de ces faits au sein de l’Église, laquelle «fait peser sur les épaules des victimes le secret de leurs propres souffrances». «Nous n’avons pas peur de regarder ce qui s’est passé», assurait début octobre Mgr Georges Pontier, président de la CEF. Dans un bilan publié en janvier 2017 et qu’elle doit actualiser cette semaine, la Conférence des évêques évoquait le nombre de 70 religieux, sur les 15.000 prêtres et diacres présents en France, mis en examen ou condamnés pour pédophilie.

 

 

Source : www.lefigaro.fr

 

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