Rhône: un parent d’élève condamné pour avoir giflé un professeur

Un père a été condamné lundi à 6 mois de prison avec sursis et 750 euros de dommages et intérêts pour avoir frappé un professeur du collège Evariste Gallois de Meyzieu, près de Lyon. Ce dernier avait puni sa fille.

 

Âgé de 42 ans, un père de deux enfants a été condamné à six mois de prison avec sursis et 750 euros de dommages-intérêts pour avoir giflé le professeur de physique chimie de sa fille. Ce dernier a subi quatre jours d’ITT. Le 2 octobre, la fille appelle le domicile familial et explique à sa mère que son professeur vient de l’expulser de la classe en lui baissant son pantalon afin de lui donner une fessée. En apprenant cela, le père se rend immédiatement au collège Evariste Gallois de Meyzieu, où les faits auraient eu lieu, et parvient à pénétrer dans l’établissement en prétextant un rendez-vous avec l’enseignant.

Une fois dans l’école, il se dirige vers la salle des professeurs et lâche en direction du professeur de physique chimie: «C’est toi qui as baissé le pantalon de ma fille?» et le frappe sans attendre de réponse. L’homme de 43 ans porte une «gifle monumentale» à l’enseignant qui, selon un témoin interrogé lors de l’audience, fait voler ses lunettes à travers la salle. Lors de l’audience, Hadi Hanister explique: «Sur le coup, je n’ai pas réfléchi», comme le rapporte Le Monde. Il raconte comment après avoir entendu les faits rapportés par sa fille, il a vu rouge. À aucun moment, il ne remet en cause la version des faits donnés par la collégienne en classe de 4e qui a elle-même déjà eu des problèmes de discipline.

Entendu lors de l’audience, le professeur frappé, qui a 27 ans d’expérience, raconte ne «jamais avoir eu d’entretiens houleux avec un parent» avant de préciser que, désormais, il préfère ne pas être seul avec un élève pour éviter tout malentendu. Il raconte ensuite sa version des faits et explique avoir juste poussé la chaise sur laquelle la collégienne qui avait un comportement «inacceptable» était assise afin de l’inciter à sortir, une version confirmée par la voisine de classe de l’élève. Lorsqu’elle était entendue par la police, la jeune fille a reconnu avoir menti et «baissé le pantalon» est devenu «tenu par le pantalon», elle reste encore aujourd’hui suspendue de cours dans l’attente d’un prochain conseil de discipline.

Les professeurs avaient fait valoir leur droit de retrait

Les faits pour lesquels ce parent d’élève a été condamné se sont déroulés à la mi-journée, mardi 2 octobre. L’après-midi même, les professeurs de l’établissement, dont certains ont assisté à l’agression, dénonçaient un «comportement injustifiable» et avaient décidé d’user de leur droit de retrait. Ils avaient également réclamé une rencontre avec les services de l’Éducation nationale afin de dénoncer le manque de moyens de l’établissement depuis que celui-ci n’est plus en zone REP (Réseau d’éducation prioritaire). Ils réclament ainsi un poste de CPE et un demi-poste de surveillant supplémentaire.

Les syndicats ont accueilli cette condamnation comme le signal qu’«un certain nombre de bases est à respecter» comme l’explique au Figaro Eric Vernassière, secrétaire général du Sgen-CFDT de l’Académie de Lyon. Toutefois, concernant la fin de la REP pour cet établissement, Eric Vernassière déplore «la remise en cause de ce classement» qui permet d’augmenter les moyens qui lui sont alloués et offrait «un encadrement plébiscité aussi bien par les professeurs que par les élèves».

Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, s’était également emparé de l’affaire et avait «condamné avec la plus grande fermeté l’acte d’un parent d’élève qui a osé porter la main sur un professeur». Dans son message publié sur Twitter, le ministre avait également rappelé que «nous devons un respect sans faille à tous les professeurs de France».

 

Source : www.lefigaro.fr

 

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